1-b : Facteurs familiaux


La future anorexique occupe dans les fantasmes de sa mère une place particulière, ses performances sont reconnues et valorisées au détriment des formes d'expression plus personnelles d'ordre affectif. Durant l'enfance, elle répondrait aux désirs de la mère et obéirait constamment tel une petite fille modèle.
Cependant, lors de l'adolescence, la jeune fille cherche à perdre sa féminité afin de conserver son corps d'enfant, traduisant une puberté difficile.
Il arrive que certaines d'entre elles demandent à leurs mères de les aider à mettre en place un régime,en leur achetant des produits allégés. Les anorexiques sont généralement brillantes au niveau des études et hyperactives, ainsi leurs mères ne se rendent pas toujours compte de l'état souffrant de leur fille. Mais ce qui différencie le régime simple d'un début d'anorexie tant au niveau physique qu'au niveau mental.

2-a Conséquences sociales

On remarque une diminution de l’intérêt pour la plupart des activités qui ne sont pas liées à la nourriture. Bien que la jeune fille anorexique réussisse bien au niveau scolaire, cela ne la rend pas davantage populaire au sein des groupes de paire? En effet, l’anorexique restreint de plus en plus ses contacts sociaux et se retire éventuellement de toute activité sociale. En plus du désir de maigrir, surgit aussi le désir de maigrir plus que les autres, de réussir mieux que les autres, d’être différente et supérieure aux autres et de montrer aux autres qu’on n’a pas besoin d’eux. Dans un tel contexte, l’isolement progressif de la personne souffrant d’anorexie s’explique facilement.

Sur le plan social, on ne peut négliger l’importance du repas partagé. Dans la plupart des civilisations, le partage d’un repas constitue un geste essentiel, comme l’hospitalité, sur lequel se fondent des relations humaines et le sentiment d’appartenance à un groupe. Or, éviter de manger ou sauter des repas en société semblerait entraîner implicitement un isolement social. L’anorexique a tendance à s’isoler en général mais plus particulièrement de tous ceux qui veulent l’aider. De plus, comme la personne ne fait pas confiance aux autres, il est normal pour elle de cesser la fréquentation de ses pairs. L’apparence physique et l’attitude intransigeante et perfectionniste de la personne anorexique l’éloignent de ses amis. Il arrive que cela éloigne non seulement les amis mais également le conjoint de la personne anorexique, qui n’en peut plus de voir son partenaire d’agir ainsi.
Les effets secondaires de la malnutrition, tels que la maigreur exagérée, peuvent susciter chez son entourage des questions gênantes auxquelles l’anorexique cherchera désespérément à échapper. D’où son désir de plus en plus grand d’isolement, lequel est renforcé aussi par de la culpabilité et de la honte face à elle-même.

2- b) Conséquences psychologiques

D’abord, à la suite d’une malnutrition, des effets psychologiques et comportementaux deviennent observables à court terme. Parmi ceux-ci, il y a un intérêt démesuré pour la nourriture, l’anorexique a de très bonnes connaissances en matière de diététique. Un changement quant aux habitudes alimentaires se remarque rapidement. De plus, une consommation accrue d’épices, de café, de thé ou de gomme à mâcher peut être présente. La jeune fille a habituellement une attitude obsessive-compulsive prononcée envers tout ce qui concerne le contrôle de son poids: l’obsession de ne pas prendre du poids, la compulsion de ne pas manger et de faire des activités sportives pour maigrir davantage. Il y a également un changement au niveau émotionnel se reflétant dans des variations de l’humeur, de l’anxiété, de la dépression, de l’irritabilité, de la méfiance ainsi qu’un sentiment d’inefficacité. La personne souffrant d’anorexie se désintéresse de sa santé et s’isole socialement, après un certain temps.

3-a Hospitalisation

"Les hospitalisations liées à l'anorexie ont doublé en dix ans".

L'hospitalisation est nécessaire une fois sur deux, car la maigreur est telle qu'elle peut être dangereuse au point de mettre la vie en danger. Lorsque l'indice de masse corporelle descend en dessous de 13, la dénutrition est très grave, en dessous de 11, le pronostic vital est en jeu. Dans les cas extrêmes, on nourrit les anorexiques au moyen d'une sonde.
Quand ces personnes s'engagent dans le traitement, elles se situent de 25 à 30% en-dessous d'un poids normal. La masse corporelle peut atteindre 50% du poids considéré.
1/3 des malades ressortent indemnes de leurs troubles psychologiques et retrouvent un poids normal.
1/3 conservent des anomalies du comportement alimentaire, avec un mal-être persistant, une vie difficile.
Le dernier tiers1/3 conserve une dénutrition grave et une dépression chronique.
Au delà de 10 ans d'évolution de l'anorexie, de 5 à 15% des malades décèderont, 20% après 20 ans.
  • prise en charge par un médecin nutritionniste qui permet de corriger la malnutrition jusqu'au retour d'un poids normal par rapport à la taille, afin que la personne reste mince mais pas maigre
  • prise en charge par un psychiatre ou un psychologue qui assure un soutient pour lutter contre l'état dépressif et les angoisses vécues lors de la prise de poids. Une thérapie familiale peut aussi s'avérer utile

3- b) Thérapies

Anciennement, le traitement reposait essentiellement sur l'isolement du milieu familial. Mais, faute de preuves scientifiques de son intérêt, il n'est plus pratiqué. L'hospitalisation, lorsqu'elle est nécessaire, a pour objet d'aider à la reprise de poids. Pour ce faire, la malade est idéalement accompagnée par une équipe comprenant un médecin, une diététicienne et une (ou un) thérapeute. La prise en charge doit permettre d'engager un travail psychothérapeutique qui vient donner du sens aux symptômes et proposer des solutions. La peur de grossir pourra alors se résorber, voire disparaître. Une prise en charge spécialisée est généralement nécessaire. Elle doit être multidisciplinaire : médicale, psychothérapeutique et/ou éducative et nutritionnelle. La principale difficulté est le refus du traitement, par peur de prendre du poids et de devenir obèse. Il faut aider la patiente à prendre conscience qu'il souffre d'une maladie qui peut se soigner.


Le traitement consiste à engager le dialogue avec l’adolescente par une réalimentation et une reprise de poids. Un médecin généraliste assure alors en parallèle, le suivi du poids et de l’état de santé. Dans les cas graves, une hospitalisation est nécessaire : elle permet souvent à la jeune fille de nouer d’autres relations et de développer le sentiment, qui leur est étranger, d’exister par elle-même. Les parents peuvent également être soutenus dans un cadre psychothérapeutique familial. Dans tous les cas, une approche nutritionnelle est indispensable. Elle permet de réduire la mortalité et d'assurer le traitement de la dénutrition. Des moyens de réalimentation médicaux lourds sont parfois nécessaires. Si les thérapies ne marche pas une hospitalisation est a envisager.


Le traitement donne très souvent des résultats positifs, tant sur le plan physique que psychologique. Il demande une grande patience aux psychiatres, psychothérapeutes, médecins et pédiatres qui collaborent à la prise en charge. Il n'existe pas de traitement quelconque qui soit miraculeux contre cette maladie sans l’aide de la malade une guérison est impossible.

II- Le fait social 1) Explication a) définition

1- a) Définition

• Définition de Baudelot et Establet : On appelle fait social tout ensemble d’actions humaines dont la trace sur un appareil d’enregistrement ( la statistique ) présente une certaine régularité à savoir :
Constance quand la société ne change pas.
F variation quand plusieurs grandeurs sociales varient simultanément.

• Définition de Durkheim : Est fait social toute manière de faire fixée ou non, susceptible d’exercer sur l’individu une contrainte extérieure.
La statistique permet de mettre en évidence la contrainte extérieure (l’influence qu’exerce la société sur l’individu). On retiendra que pour Durkheim, un fait social obéit à 3 caractéristiques :
- un fait social est extérieur à l’individu
- un fait social est doté d’un pouvoir de coercition (de contrainte)
- un fait social s’explique par d’autres faits sociaux.

Pour comprendre un fait social, le sociologue devra adopter une démarche scientifique (analyser les faits sociaux comme des choses) :
- écarter les prénotions (les préjugés)
- définir rigoureusement les phénomènes étudiés.